Séchoir à pâtes

Introduction

Les pâtes… On en mange tout le temps, et c’est un délice pour tous les âges. Elles sont toujours là dans le fond du placard pour satisfaire nos papilles. Mais c’est encore mieux de les faire soi-même car c’est beaucoup plus amusant (même si c’est quand même plus long).

Ayant reçu un laminoir pour Noël, je me suis amusé à faire des spaghettis et des lasagnes, mais je n’avais aucun objet pour mettre mes pâtes à sécher avant de les mettre dans l’eau bouillante. Je me suis dit que ça irait très bien avec mon projet de 9ème classe, voilà comment s’est concrétisé mon projet.

Un peu d’histoire. La création des pâtes remonte entre -9 000 et -3 000 ans. A cette période les chasseurs-cueilleurs ont commencé à mettre en place des techniques de fabrication et de récolte du blé. Ce blé était ensuite mélangé à de l’eau et consommé sous forme de pâtes. C’est en Afrique que le séchage de pâtes fut inventé, car n’ayant pas assez d’eau chaque jour ils les faisaient sécher au soleil pour augmenter leur durée de conservation et d’utilisation. Ce qui est très astucieux encore pour nous aujourd’hui.

Le reste vous le connaissez, la Chine, Marco Polo, l’Italie…tout ça.

Étape 1 : trouver l'idée du projet

La première fois où on nous a dit qu’on allait faire un projet de 9ème classe et qu’on devait trouver une idée de projet personnel, je me suis dit « ça va, il me reste du temps ». Je pensais avoir beaucoup de temps devant moi pour décider quoi faire.

C’est seulement en novembre que je me suis réellement questionné sur ce que je devrais faire comme projet. J’avais bien sûr des idées qui concernaient le domaine de l’informatique. Mais la demande des professeurs, était qu’il fallait que ce soit plutôt un projet matériel, concret. J’avais aussi l’électronique que j’aurais appréciée, mais mes projets (par exemple rendre électrique un vélo, ou créer un chargeur de téléphone solaire…) demandaient des compétences beaucoup trop complexes et un certain investissement financier. Et je me sentais découragé à l’idée de ne pas y arriver.

Le temps passait...

Puis à Noël, j’ai reçu un cadeau plutôt spécial: un laminoir à pâtes. Il faut dire que j’avais eu une période plutôt sympa vers 13 ans, où je m’étais passionné pour la cuisine, japonaise surtout, et j’avais pris beaucoup de plaisir à fabriquer moi-même des soupes avec des nouilles pour toute la famille.

Avec ce laminoir, cet intérêt pour la cuisine est revenu et je me suis tout de suite mis à faire des pâtes, des spaghettis en premier. Mais à la première utilisation quelque chose me dérangeait, car après avoir fait mes pâtes je ne pouvais pas les déposer quelque part avant de les mettre dans la casserole toutes en même temps, ou même les faire sécher.

En parlant avec ma mère et ma sœur, elles m’ont dit que dans le rayon du laminoir ils vendaient aussi des séchoirs à pâtes. J’ai fait quelques recherches et alors je découvris ce qu’était un séchoir à pâtes : il y en avait de toutes formes et de différentes matières. C’est alors que je me suis dit « pourquoi ne pas en faire mon projet » ?

Mini bob le bricoleur passionné par sa première rape

Etape 2 : trouver son tuteur et croquis

Pour trouver mon tuteur, je me suis rappelé que mon beau-père Bernard MISSLIN avait proposé de l’être durant un repas de Noël. Il est également équipé d’un grand atelier chez lui, avec toutes sortes de machines qui m’ont toujours fasciné. J’ai déjà pas mal bricolé avec lui ou son fils, depuis que je suis tout petit. Alors je l’ai appelé et il a tout de suite accepté.

On a d’abord commencé à parler matériel. J’avais au préalable demandé à Carlos, notre professeur de travaux de bois, ce qu’il me recommandait et vers quel type de bois il fallait que je me tourne. Il m’a proposé d’utiliser plutôt un bois neutre de type « hêtre ou noyer » mais pas du bois résineux car cela risquait de laisser un goût aux pâtes. Ce que je ne recherche pas bien évidemment.

Puis le lendemain, on a pu se rencontrer chez moi avec mon tuteur pour parler du schéma du projet. J’avais déjà fait un croquis au préalable mais…il n’était pas au point. En effet, il m’a fait remarquer que l’ensemble n’était pas très stable. J’avais d’abord choisi un support en forme de disque. Et avec le poids des pâtes et la longueur des bâtonnets de soutien l’ensemble aurait pu basculer. Ce qui aurait été bien dommage pour mes pâtes !

J’aurais pu faire le disque plus grand mais alors il y aurait eu un problème de place.

On a donc refait un croquis en déterminant de suite la longueur des baguettes qui soutiennent les pâtes vers le haut, et en organisant des croisillons assez stables en bas pour soutenir la structure totale que l’on appellera « le centre ».

On a donc décidé que les baguettes feraient 25cm de long et 1cm de diamètre, en prévoyant d’en mettre 8 réparties de chaque côté du centre. Ainsi le système de suspension permettra d’accueillir facilement les 500gr de pâtes fabriquées, à raison de 10 tagliatelles ou nouilles de 70 cm par baguettes.

Pour la partie centrale, nous avons décidé de prendre plutôt un carrelet de 10X10 cm et de 40 cm de haut. Une suggestion de ma mère était qu’il ne prenne pas trop de place de rangement. L’idée a donc été de percer un trou en son centre, pour ensuite ranger toutes les baguettes dedans, ce qui économiserait de l’espace. Par ailleurs, pour la partie basse, j’ai proposé que les croisillons dépassent de 10 cm de chaque côté du centre, ce qui ferait 30 cm de long pour chacun.

Etape 3 : trouver les matériaux et réaliser son projet

Le mercredi suivant, je me suis rendu chez mon tuteur. J’ai pris mon vélo et je suis parti à l’aventure des 20 km qui me séparaient de lui et de son atelier. J’ai pensé en avoir pour une heure, mais les routes du Kochersberg montaient et descendaient bien plus que je ne le voyais en voiture ou en bus !

Finalement 1 heure et demie plus tard, Bernard m’attendait de pied ferme pour démarrer. Une fois dans l’atelier, j’ai pu tout de suite commencer à travailler. On a pris le carrelet (dont il disposait dans ses réserves de bois) pour faire un trou à l’intérieur avec une scie cloche. Cette étape fut laborieuse, car la scie chauffait beaucoup et il fallait s’arrêter souvent. De plus, ça m’a bien pris 3h pour me rendre compte que la scie n’irait pas assez profond et que cela prendrait beaucoup trop de temps. Avec le couvre-feu, il me fallut rentrer. Je suis reparti de chez lui avec une nouvelle idée de coller 4 plaques de bois entre elles, de manière à laisser un vide en leur centre.

Pour les matériaux, Bernard m’a dit qu’il allait les chercher, car entre-temps j’ai fait une intoxication alimentaire et le temps de m’en remettre, j’avais loupé un de nos rendez-vous. Et je n’avais plus tellement de temps pour attendre le séchage des plaques entre elles.

Quelques jours après, je me suis rendu chez lui et je me suis tout de suite mis à l’établi. J’ai trouvé le centre avec un petit morceau de bois collé à 26 cm de profond de façon à pouvoir retenir les baguettes à l’intérieur.

J’ai commencé par faire des encoches avec la scie sauteuse au centre de 2 baguettes de bois pour préparer le pied de mon séchoir à pâtes. L’idée étant que ces deux baguettes s’emboîtent ensemble pour donner un croisillon. Puis j’ai fait 4 encoches en bas du centre afin de pouvoir insérer les pieds dans sa base.

Finalement, j’ai encore eu l’idée de scier les montants de la partie centrale pour en faire un octogone, car je trouvais que cela faisait plus beau. Et enfin j’ai percé 8 trous pour accueillir les baguettes dans la partie centrale et j’ai poncé le tout. La touche finale a été de l’enduire d’huile pour le faire résister à l’humidité. J’ai donc privilégié de l’huile d’olives pour respecter le côté alimentaire de cet objet.

Et voilà l’objet fini tel que vous le voyez

Collage des 4 planches, ponçage et huilage.